Jeanne Bernard, étudiante au doctorat sur mesure, obtient une Bourse de recherche Globalink de Mitacs

Jeanne Bernard, étudiante au doctorat sur mesure en design de l’animation et études cinématographiques sous la direction de Valérie Vignaux et de la professeure à l’École de design, Marie-Josée Saint-Pierre, obtient une Bourse de recherche Globalink de Mitacs. Doctorante en cotutelle entre l’Université de Caen et l’Université Laval, elle consacre ses recherches aux pionnières du cinéma d’animation canadien.

Sa thèse porte plus particulièrement sur Evelyn Lambart, Alma Duncan et Audrey McLaren, trois cinéastes ayant œuvré à l’Office national du film du Canada. À travers l’étude de leurs films et de fonds d’archives, elle cherche notamment à mieux comprendre leur apport à l’éclosion du cinéma d’animation canadien.

Biographie

Jeanne Bernard est doctorante en cotutelle entre l’Université de Caen (France) et l’Université Laval (Canada). Sous la direction de Valérie Vignaux et de Marie-Josée Saint-Pierre, elle mène des recherches sur les pionnières du cinéma animé. Après un travail de master (maîtrise) à l’École normale supérieure sur les liens entre théâtre de marionnette et cinéma d’animation en stop motion, sa thèse s’intéresse à Evelyn Lambart, Alma Duncan et Audrey McLaren, réalisatrices de films d’animation à l’Office national du film du Canada entre 1942 et 1980.

Projet de recherche

Evelyn Lambart (1914-1999), Alma Duncan (1917-2004) et Audrey McLaren sont trois femmes cinéastes d’animation, exerçant à l’Office national du film du Canada (ONF) depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et jusqu’en 1980. Au sein de cet organisme d’État, le studio d’animation est le lieu d’un renouveau créatif. En parallèle d’une longue collaboration avec Norman McLaren, Evelyn Lambart, souvent présentée comme la first lady of animated cinema, réalise seule une dizaine de courts métrages dès la fin des années 1940. L’exploration des archives a également mis au jour l’existence d’œuvres textiles, qui entrent en résonance avec ses films animés. Alma Duncan, après un premier film d’animation d’objets réalisé à l’ONF (A Folksong Fantasy, 1950), crée avec Audrey McLaren sa propre société de production en 1952.

Leurs œuvres, au croisement d’un cinéma éducatif et d’une volonté d’expérimentation, explorent diverses techniques (animation d’objets, de silhouettes, papiers découpés, animation sur pellicule…). Notre étude cherchera à replacer ces filmographies dans le double contexte de l’Office national du film et de l’émergence de femmes cinéastes à une échelle mondiale. Comment l’ONF, exception dans l’industrie cinématographique, a-t-il éventuellement permis l’émergence de femmes cinéastes? Qu’inventent Evelyn Lambart, Alma Duncan, Audrey McLaren en termes d’écriture cinématographique, de techniques, de mise en scène? Comment leurs films entrent-ils en résonance avec le travail des autres pionnières de l’animation à une échelle mondiale? Nous nous proposons d’approfondir un travail universitaire déjà riche sur l’ONF par un apport archivistique inédit, à travers l’étude de fonds concernant Evelyn Lambart et Alma Duncan à la Bibliothèque et Archives Canada (Ottawa, Canada), à la Cinémathèque québécoise et aux archives de l’Office national du film (Montréal). Cette perspective à la fois historique et esthétique permettra de comprendre la place de ces films dans l’éclosion du cinéma d’animation canadien.