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C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de notre ancien collègue, Georges Teyssot. Professeur à l’École d’architecture de 2002 à 2022, il laisse une empreinte indélébile dans le champ des théories architecturales et dans la formation de nombreuses générations d’étudiantes et d’étudiants.
Reconnu pour l’ampleur de son érudition, il menait ses recherches avec une rigueur intellectuelle exceptionnelle. Son travail a traversé un large éventail de thématiques, allant de l’histoire des théories de l’architecture à l’esthétique du paysage, en passant par la domestication de l’espace, les théories de Walter Benjamin sur l’espace, la techno-esthétique et même la morphogenèse en architecture numérique.
Il aura ouvert la voie à plusieurs jeunes architectes et chercheurs, sous sa direction, en décloisonnant la pensée, puis en élargissant les horizons de ce que peut être l’architecture. Impressionnant par l’ampleur de son savoir, il pouvait sembler difficile d’approche. Mais une fois le dialogue engagé, il se révélait d’une très grande générosité dans le partage de ses connaissances. Pour cela, nous lui en sommes extrêmement reconnaissants.
Son œuvre écrite constitue un héritage qui prolongera sa pensée originale, bien au-delà de notre époque.
Samuel Bernier-Lavigne, Ph.D.
Professeur titulaire

Biographie de Georges Teyssot
Georges Teyssot, historien et théoricien de l’architecture, a marqué le paysage universitaire par son enseignement et ses recherches dans plusieurs établissements prestigieux à travers le monde. Né à Paris en 1946, il a suivi une formation en architecture à l’Istituto Universitario di Architettura di Venezia (IUAV) en 1971. Sa thèse, en histoire de l’architecture, dirigée par Manfredo Tafuri, portait sur l’architecte londonien George Dance le Jeune.
Professeur titulaire à l’École d’architecture de l’Université Laval, à Québec, de 2002 jusqu’à sa retraite en 2022, il a auparavant enseigné à l’École d’architecture de Princeton (où il a dirigé le programme de doctorat en architecture), au GTA de l’ETH Zurich, et à l’IUAV de Venise. Son expertise s’étend de l’histoire des théories de l’architecture à l’esthétique du paysage, en passant par des sujets notoires comme la domestication de l’espace, les théories de Walter Benjamin sur l’espace, la techno-esthétique et même la morphogenèse en architecture numérique.
Georges Teyssot est l’auteur de plus de 20 ouvrages traduits en douze langues, dont certains sont devenus des références internationales. Parmi ses publications majeures figurent Interior Landscape (Rizzoli, 1988), Die Krankheit des Domizils (Vieweg, 1989), et l’ouvrage collectif Histoire des jardins de la Renaissance à nos jours, coédité avec Monique Mosser (The MIT Press, 1991). Il a également contribué à la recherche contemporaine avec des livres comme A Topology of Everyday Constellations (MIT Press, 2013) et sa version française Une topologie du quotidien (PPUR, 2016), tout comme Walter Benjamin : Les maisons oniriques (Hermann, 2013). Plus récemment, il a coédité Alfred Neumann. L’architecture de la morphologie (Éditions B2, 2020).
En parallèle de son travail universitaire, il a organisé plusieurs expositions internationales, notamment Surface du quotidien : La pelouse américaine au Centre Canadien d’Architecture (Montréal, 1998) et Il Progetto domestico : la casa dell’uomo, archetipi e prototipi à la Triennale de Milan (1986).
Il a collaboré aux principaux périodiques portant sur l’architecture et ses théories, d’abord comme auteur, mais aussi comme membre associé participant aux comités de lecture. Il a d’ailleurs été membre du comité de rédaction de Lotus International, revue trimestrielle d’architecture, publiée à Milan à partir de 1980.
Récipiendaire de nombreuses distinctions, il a notamment contribué au catalogue du Pavillon Suisse lors de la Biennale d’architecture de Venise en 2018, qui a reçu le Lion d’or pour la meilleure participation nationale.