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Le Fil | Garder sa maison au sec

 

Article paru dans Le Fil le 25 janvier 2018 par Pascale Guéricolas


La chercheuse à l’École d’architecture Catherine Dubois a recensé plus de 70 manières dont les architectes pourraient adapter le bâti québécois aux changements climatiques

Les citoyens dans le sud du Québec aux prises avec des inondations ce printemps, ainsi que les habitants proches des côtes du Saint-Laurent malmenées par les tempêtes, sont conscients du rôle que joue le climat sur la dégradation de leur habitation. Les assureurs le sont également, car ils doivent assumer les frais de réparation liés aux catastrophes naturelles. Pour mieux cerner le phénomène, les compagnies d’assurances en Amérique du Nord ont d’ailleurs désormais recours à un indice de météo extrême. Cet indice montre que les conditions météorologiques ont excédé les normales 5 fois entre 1961 et 1990, comparativement à 12 fois au cours de la dernière décennie seulement. Principalement, ces changements concernent l’augmentation des températures et des précipitations.

Les maisons de l’avenue Saint-Léandre, près de la rivière Saint-Charles, ont récemment subi les effets d’une inondation. Photo: Le Soleil / Erick Labbé

Consciente de cette nouvelle réalité, Catherine Dubois, détentrice d’un doctorat en architecture de l’Université Laval – dont les travaux ont été supervisés par André Potvin –, s’est penchée sur les solutions possibles face à ce phénomène. Son but: fournir des outils aux professionnels pour adapter les maisons et les bâtiments aux changements climatiques, en particulier dans les cas d’inondations dans les bassins versants ou en zones côtières. Certains des outils préconisés touchent directement le design et les méthodes de construction de la demeure, tandis que d’autres relèvent d’une démarche plus intégrée.

«Prévenir les inondations de quartiers résidentiels nécessite souvent de prendre des mesures dans l’ensemble du bassin versant, note cette professionnelle de recherche à l’École d’architecture. Cependant, l’information sur les zones à risque est encore déficiente. Beaucoup de cartes des zones inondables ne sont pas à jour ou sont difficiles à comprendre.» Au cours de son postdoctorat à l’Université de Toronto, Catherine Dubois a donc répertorié 73 solutions destinées aux architectes afin de mettre les maisons à l’épreuve des aléas climatiques. Cette démarche touche aussi bien les nouveaux projets que les bâtis existants.

Elle suggère, par exemple, de prévoir que le sous-sol du bâtiment pourrait être inondé, malgré toutes les précautions prises. Mieux vaut donc éviter d’y installer des équipements coûteux comme un cinéma maison ou des électroménagers. L’architecte de formation propose également d’opter pour un sol en béton ciré plutôt que pour un plancher en bois, beaucoup plus difficile à sécher. Elle applique également cette recommandation aux panneaux modulaires extérieurs recouvrant la partie inférieure de la façade, susceptible de baigner dans l’eau. Le recours à un revêtement en briques, plutôt qu’à un revêtement en bois, atténue davantage les dommages liés aux inondations. L’élévation de la maison sur pilotis peut également s’avérer une façon de réduire les méfaits en zones côtières, lorsque les vagues viennent frapper le bâtiment lors des tempêtes.

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